Les pilotes de la catégorie reine du sport automobile ont récemment exprimé leurs préoccupations concernant les unités de puissance intégrant des algorithmes dits « auto-apprenants ». Ces systèmes adaptent en temps réel la gestion de l’énergie électrique en fonction des données recueillies au fil des tours, voire au cours d’un même tour. Cette technologie, bien que complexe, n’est pas une intelligence artificielle au sens strict, mais elle peut néanmoins surprendre les pilotes par des réactions inattendues du moteur.
Des pilotes tels qu’Oscar Piastri, Lando Norris, George Russell, Isack Hadjar, Max Verstappen, Charles Leclerc et Lewis Hamilton ont constaté que ces variations peuvent influencer leur performance, notamment lors des qualifications. Par exemple, Isack Hadjar a vécu une situation où la gestion de l’unité de puissance a réagi de manière imprévue, compliquant ainsi le pilotage. Ces fluctuations, parfois de quelques dixièmes de seconde, sont difficiles à anticiper et peuvent s’avérer frustrantes pour les pilotes.
Il est important de noter que l’influence directe du pilote sur ces ajustements reste limitée à de très petites variations dans la gestion de l’accélérateur ou du freinage. Par ailleurs, des facteurs externes comme le vent ou l’adhérence, qui sont difficiles à modéliser précisément, ont aussi un impact sur le comportement de l’unité de puissance. Ces variations affectent non seulement la puissance délivrée en ligne droite, mais aussi les points de freinage, rendant la gestion de la voiture plus complexe.
Les équipes, dont McLaren, Red Bull Racing, Ferrari et Mercedes, reconnaissent que la compréhension complète de ces phénomènes reste incomplète. Elles soulignent que des « facteurs aléatoires », en réalité très sensibles à de petits paramètres, rendent la situation difficile à prévoir avec précision. Des améliorations progressives sont attendues grâce à de meilleurs outils de simulation et de modélisation, mais ces caractéristiques sont profondément ancrées dans la conception actuelle des moteurs hybrides.
Par ailleurs, la réduction prévue de la part d’énergie électrique dans la puissance totale à partir de 2028 pourrait atténuer ces effets, sans toutefois les éliminer complètement, selon les retours des pilotes et des ingénieurs. Il ne s’agit donc pas d’un simple problème technique temporaire, mais plutôt d’une conséquence structurelle liée aux règlements et aux technologies en vigueur.
Cette situation souligne la complexité croissante des unités de puissance en Formula 1® et les défis que cela représente pour les pilotes et les équipes. La maîtrise de ces systèmes demande une adaptation constante et une compréhension fine des interactions entre la voiture, le pilote et l’environnement.
Les prochaines étapes dans le développement de ces technologies devront donc prendre en compte ces aspects pour améliorer la prévisibilité et la stabilité du comportement moteur, tout en respectant les contraintes réglementaires actuelles. Cela reste un enjeu important pour les équipes qui cherchent à optimiser la performance sans compromettre la fiabilité.
Ce retour d’expérience met en lumière la nécessité d’une collaboration étroite entre pilotes, ingénieurs et concepteurs pour mieux appréhender ces phénomènes complexes. Il rappelle aussi que la performance en Formula 1® dépend de nombreux paramètres techniques et humains, souvent difficiles à isoler et à contrôler parfaitement.
Pour Honda et Aston Martin, l’essentiel reste de comprendre pas à pas les difficultés décrites.
