Depuis plusieurs mois, la rumeur persistante liant Max Verstappen à un engagement dans le championnat du monde d’endurance (WEC) ne cesse d’alimenter les débats au sein du paddock. L’éventualité de voir le triple champion du monde de Formule 1 s’essayer à la catégorie Hypercar fait naître un réel engouement, tant chez les fans que chez les observateurs avertis. Désormais, les discussions entre Ford et Verstappen prennent une tournure de plus en plus sérieuse, permettant d’imaginer des scénarios inédits pour l’avenir du prodige néerlandais.
Ford, qui signera son grand retour à la plus haute catégorie du WEC dès la saison prochaine avec la Mustang GT3 et prépare une Hypercar ambitieuse, multiplie les contacts avec des pilotes de renom pour bâtir une équipe forte et crédible dès le départ. Verstappen, de son côté, n’a jamais caché son attirance pour les courses d’endurance et les 24 Heures du Mans. Le Néerlandais avait déjà expliqué à plusieurs reprises son désir de voir « jusqu’où il pourrait aller en dehors de la F1 », tout en précisant que la fenêtre resterait limitée tant que son engagement avec Red Bull serait prioritaire.
L’intérêt de Verstappen pour le WEC s’explique aussi par la nouvelle attractivité de la catégorie Hypercar, qui attire aujourd’hui la plupart des grands constructeurs mondiaux, dont Ferrari, Toyota, Peugeot, Porsche — et désormais Ford. La perspective de s’aligner face à de tels rivaux dans la plus emblématique course d’endurance du monde a de quoi titiller l’esprit de compétition du champion.
Pour la marque américaine, l’arrivée potentielle d’une star internationale de la trempe de Verstappen représenterait un coup marketing autant qu’une garantie de performances. Ford veut jouer les premiers rôles en Hypercar et sait pertinemment qu’un constructeur, même puissant, doit aussi pouvoir compter sur des pilotes hors-normes pour viser la victoire au Mans, la plus prestigieuse des courses d’endurance. S’associer à Verstappen permettrait à la fois de capitaliser sur sa notoriété et d’attirer une nouvelle génération de fans vers la discipline.
Néanmoins, nombre de questions subsistent. Si Max Verstappen a régulièrement manifesté son intérêt pour d’autres aventures, sa fidélité à Red Bull et à la Formule 1 reste intacte à court terme. La gestion du calendrier, le partage de temps avec les exigences de la F1, et surtout l’assurance de disposer d’un projet technique compétitif, conditionneront la matérialisation de cette collaboration. L’aspect logistique n’est pas neutre : participer à une saison complète du WEC, qui comprend des épreuves sur plusieurs continents, impliquerait des compromis sur son emploi du temps déjà extrêmement chargé.
L’exemple de Fernando Alonso, double champion du monde de F1 ayant triomphé au Mans en parallèle de son activité chez McLaren, prouve cependant qu’une telle double affiliation est possible. Verstappen pourrait ainsi, dans quelques années, s’offrir le luxe de viser une triple couronne du sport automobile, un exploit que seuls Graham Hill et Juan Pablo Montoya ont poursuivi jusque-là.
Pour l’instant, aucune annonce officielle n’a encore été faite, et Ford soigne sa communication, entretenant savamment le mystère autour d’un possible line-up de rêve. Quoi qu’il en soit, la volonté affichée par le constructeur de se rapprocher du Néerlandais démontre la mutation profonde du WEC, devenu le terrain de jeu privilégié des plus grands pilotes du monde. Les prochains mois s’annoncent décisifs : le marché des transferts ne concerne désormais plus seulement la Formule 1, et le rêve de voir Verstappen en action dans la mythique Sarthe pourrait bien devenir réalité plus tôt qu’on ne le pense.
Une chose est sûre : l’arrivée potentielle de Max Verstappen dans le championnat d’endurance contribuerait à intensifier la rivalité entre constructeurs et à ressusciter l’esprit pionnier qui a forgé la légende des 24 Heures du Mans. Pour les passionnés de sport automobile, cette perspective est tout simplement irrésistible.