Le plan de course adopté par Max Verstappen lors des essais libres en Malaisie a mis en lumière un défi majeur auquel sont confrontées les équipes de Formula 1® sur le circuit de Sepang : la gestion de la dégradation thermique des pneus. Plutôt que de réaliser une simulation classique de qualification, le pilote de Red Bull Racing a préféré effectuer un long relais, anticipant la pluie, afin de collecter des données précieuses sur le comportement des pneus, notamment ceux en gomme médium.
La dégradation des pneus à Sepang s’avère particulièrement élevée, comparable à celle observée sur le tracé de Barcelona-Catalunya. Les pneus médiums et tendres perdent entre deux et trois dixièmes de seconde par tour, ce qui complique la gestion de la performance en course. Cette situation est accentuée par la surface rugueuse du circuit, qui offre peu d’adhérence. Ce manque d’adhérence crée un cercle vicieux : un glissement important génère des températures élevées en surface, réduisant encore davantage l’adhérence et augmentant le glissement.
La priorité des équipes est de préserver les pneus arrière, car la piste est qualifiée de « rear-limited », ce qui signifie que la dégradation des gommes arrière a un impact plus important sur la performance que celle des pneus avant. Toutefois, la protection des pneus avant reste également nécessaire, rendant la stratégie pneumatique complexe à élaborer.
La qualification semble moins déterminante qu’à Bakou, car le fort taux de dégradation des pneus facilite les dépassements en course. Certaines équipes ont rencontré des difficultés à chauffer leurs pneus pour le premier virage d’un tour rapide, conséquence directe de la nécessité de gérer les gommes avec prudence en vue de la course. Par ailleurs, toutes les équipes ont choisi de conserver deux trains de pneus durs (C2), le composé le plus dur disponible, bien que les données sur ce type de gomme restent encore limitées.
Il est possible que la dégradation soit également élevée sur les pneus durs, car leur moindre adhérence engendre plus de glissement et donc une augmentation de la température. La course devrait vraisemblablement se jouer sur deux arrêts, voire trois, avec plusieurs stratégies possibles. Cette diversité tactique est d’ailleurs souhaitée par Pirelli, qui cherche à favoriser des choix variés parmi les équipes.
Parmi les pilotes concernés par ces enjeux figurent Max Verstappen, mais aussi Fernando Alonso et Lance Stroll, qui ont tous été observés lors des essais libres sur ce tracé exigeant. Les équipes comme Mercedes et Aston Martin sont également attentives à ces défis liés à la gestion des pneus dans des conditions difficiles.
La situation à Sepang rappelle combien la gestion des pneus reste un facteur clé en Formula 1®, particulièrement sur des circuits où la surface et les conditions de piste imposent des contraintes thermiques importantes. Les données collectées lors des essais libres permettront aux équipes d’affiner leurs stratégies pour la course, en tenant compte des spécificités du tracé et des comportements des différents mélanges de pneus.
Ce contexte met en avant l’importance des choix tactiques et de la compréhension fine du comportement des gommes pour optimiser la performance en course. La capacité des équipes à préserver leurs pneus, tout en maintenant un rythme compétitif, sera déterminante dans l’issue du Grand Prix de Malaisie.
